Nicole Yrle

Nicole Yrle : son parcours

Raconter, inventer, écrire, ce plaisir remonte à l’enfance de Nicole Yrle. Née à Lyon, elle a longtemps vécu en région parisienne. Devenue professeur de Lettres classiques, elle a cherché à faire partager son amour de la littérature. Elle a terminé sa carrière au Lycée Arago de Perpignan où elle habite depuis seize ans.

Désormais, elle y cultive son jardin, au propre comme au figuré, et consacre une grande partie de son temps à l’écriture de récits, nouvelles et romans.

 
« Le Premier Homme » de Camus – Analyse et découverte
 
Parue le 18 avril 2014 aux Editions Cap Béar une brochure, Le Premier Homme, de Camus – Analyse et découverte
Récit d’une enfance : « le premier homme » d’Albert Camus : Analyse de Nicole Yrle
 

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Les extraits que j’ai particulièrement appréciés !

… Et encore plus largement, tous les hommes qui passent sur cette terre sans laisser aucune trace dans l’histoire et qui pourtant ont bâti le monde dans lequel nous sommes arrivés, tous sont « le premier homme ». Camus avait envisagé de donner pour titre à son roman Adam, comme il l’a clairement dit dans une interview de 1959, en précisant : « s’il avait été possible de donner à ce titre un sens mythique, sinon mythologique. […] En réalité chacun de nous, y compris moi, est d’une certaine façon le premier homme, l’Adam de sa propre histoire. »
La dimension mythique, et par conséquent universelle, de ce roman faisait donc bien partie du projet de Camus et nous en retrouvons les signes à chaque instant.

Dès le premier chapitre, nous l’avons vu, la mère est sacralisée, elle est « la seule dont la douceur pût faire penser à la foi », elle est la mère de l’humanité tout entière. Elle incarne l’absurde, elle dont la vie « à force d’être privée d’espoir, devenait aussi une vie sans ressentiment d’aucune sorte, ignorante, obstinée, résignée enfin à toutes les souffrances, les siennes comme celles des autres. » Cette mère sans passé et sans avenir, qui ne sait vivre que dans le présent, est montrée hors du temps : au sein de ce « couple » mère/fils « lié par un même sang et toutes les différences » tandis que « lui est jeté dans toutes les folies de notre histoire, elle [traverse] la même histoire comme si elle était celle de tous les temps. »
Or, nous lisons aussi dans les compléments au manuscrit des indications essentielles concernant la fin du roman : « Jacques explique à sa mère la question arabe, la civilisation créole, le destin de l’Occident. » ; il aurait donc parlé de sa vie à sa mère et à partir de là il aurait pu lui faire comprendre le destin collectif de l’Homme.

« Il y a des êtres qui justifient le monde », qui aident à vivre par leur seule présence. »… De Camus à Jean Grenier, son maître

« J’ajouterais : y compris quand l’œuvre qu’ils laissent après eux les fait accéder à l’éternité comme c’est le cas pour Albert Camus. »



product_9782070454747_195x320Bien qu’inachevé, j’estime que c’est peut-être le meilleur ouvrage parmi toutes ses œuvres !

Autant le dire, je l’ai lu avec émotion, vif intérêt et ravissement. J’y ai retrouvé « mon Camus » celui que je découvrais, adolescente, dans les années soixante avec l’Homme révolté , l’Étranger , la Peste, Caligula, La chute, le Mythe de Sisyphe. Bref, tous nos grands classiques … Si ce n’est certes pas le roman par lequel il convient de découvrir cet immense auteur qu’est Camus, c’est un roman autobiographique qui mérite d’être découvert pour sa dimension profondément humaine. Jacques Cormery, alter ego d’Albert Camus en est donc le personnage principal. Mais c’est surtout la description animée de son enfance qui a retenu mon attention.

D’emblée, j’ai été captivée par ce roman, tout simplement parce que j’ai retrouvé à travers les descriptions des quartiers d’Alger, l’Algérie de mon enfance, cette Algérie toujours présente quelque part en moi comme un rêve que l’on aimerait sans cesse rattraper, comme une seconde patrie perdue à tout jamais dans les limbes du temps  !

Son écriture (bien qu’ici non achevée), m’a fascinée. Je trouve également que son style est d’une qualité que beaucoup d’autres écrivains n’atteindront jamais !

Merci à toi chère Nicole pour cette analyse si convaincante !


fdf1-210François de Fossa – L’exil d’un virtuose (1ère partie)

Le point de vue de l’éditeur :

Quel destin hors du commun !
François de Fossa, jeune guitariste, fuit la Catalogne, la France et la Révolution, pour s’exiler en Espagne.
Ce jeune homme exalté vit et assouvit ses passions tel un aventurier.
Il fait sienne cette réplique de L’École des Maris de Molière :
« … Les verrous et les grilles / ne font pas la vertu des femmes ni des filles. »
Il s’enflamme pour la beauté et le charme des Madrilènes et des Andalouses. Son appétit élégant pour la gent féminine ne sera supplanté que par cette soif d’exprimer sa virtuosité tant comme interprète que comme compositeur.
Seule la musique sera la maîtresse à laquelle cet éternel séducteur restera fidèle.
Homme de paradoxe, François de Fossa portera l’uniforme cinquante ans durant.
Une vie romanesque qui l’entraînera jusqu’au Mexique.
Une vie romanesque qui traversera la Révolution et l’Europe de Napoléon avec opportunisme.
Nicole Yrle offre son talent, son style précis et subtil à la vie extravagante de ce jeune homme autodidacte et romantique avant l’heure.

Comme à son habitude, et comme ce fut le cas pour d’autres romans dont elle est l’auteur, Nicole Yrle a puisé abondamment dans tous les documents, archives, lettres, échanges avec ses amis guitaristes : Fernando Sor ou Aguado, méthodes de guitare, écrits techniques, enregistrements actuels de la musique de De Fossa, etc. etc. pour concevoir ce roman : « roman », certes mais collant le plus fidèlement possible à la réalité de ce que semble bien avoir été la vie de ce personnage passionnant.


François de Fossa – Variations en Clair-Obscur, roman (Seconde époque – 400 pages), paru en septembre 2016.

Le point de vue de l’éditeur :

Juillet 1813, François de Fossa est à Bayonne et retrouve la France qu’il avait fuie lorsqu’il était jeune homme.
Le Premier Empire s’écroule, la société est en ébullition, le peuple inquiet se prépare au pire. Seuls les nobles et les notables rêvent au retour de la monarchie, l’aristocratie savoure déjà sa revanche. Une ère nouvelle est en marche où chacun évolue, s’adapte, cherche à comprendre, à vivre ou à survivre.
François de Fossa espère revoir enfin sa soeur Thérèse, restée à Perpignan, et trouver sa place dans le monde. Mais l’époque troublée de la Restauration fera longtemps obstacle à tous ses projets jusqu’à ce qu’il devienne officier dans l’armée du roi.
Au cours de la seconde période de son existence, il connaîtra des fortunes diverses, à l’image de cette France aux abois qui se relève difficilement, minée par les luttes intestines.
Malchance et tragédie marqueront le destin de François de Fossa et, plus que jamais, la musique restera son refuge : interprète et compositeur, il donnera alors le meilleur de lui-même.
En suivant les pas de l’officier-musicien, vous entrez dans une époque fascinante où les rapports sociaux sont en mutation perpétuelle. Les temps changent…
Nicole Yrle dépeint avec brio cette période passionnante de notre histoire.

« Musique et paternité »
Le silence s’installe, les visages deviennent attentifs, la concentration des musiciens est perceptible avant même qu’ils ne commencent. Le lento sensibile e sostenuto donne au début du premier mouvement une solennité teintée d’émotion avec des effets d’accélération dans le dialogue intime qui s’instaure entre le violon et les guitares ; suit un allegro agitato à la vivacité insolite qui évoque le rythme martelé du jarabe mexicain, souligné par le violoncelle, sans doute une réminiscence du voyage de six années en Nouvelle-Espagne de François. Les échanges de regards et les imperceptibles mouvements de tête des interpètes l’un vers l’autre donnent une profondeur émouvante au lento qui termine. Alors les archets se relèvent en un geste ralenti, la main droite caressante des guitaristes se pose en délicatesse sur les cordes pour les faire taire puis leur bras esquisse une arabesque qui reste un instant comme suspendue.
L’assistance retient son souffle, avec le sentiment d’avoir un rôle à jouer au sein de ce rituel exigeant.

Voici la deuxième partie tant attendue ! un grand merci, une fois de plus, à toi chère Nicole ! toutes mes félicitations pour ce beau travail !