Mathias Enard (prix Goncourt 2015)

BIOGRAPHIE

Nationalité : France
Né(e) à : Niort , le 11/01/1972

Mathias Enard après des études d’arabe et de persan et de longs séjours au Moyen-Orient s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris.
Il a publié « La Perfection du tir » (2003 – Prix des cinq continents de la francophonie 2004), « Remonter l’Orénoque » (2005) et « Bréviaire des artificiers » (2007).

En 2008, Acte Sud publie son roman « Zone » caractérisé par une seule phrase de 500 pages. « Le roman » reçoit la même année, le Prix Décembre et le Prix du livre Inter.

Mathias Enard a obtenu le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes pour « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants ». Il reçoit le Goncourt des lycéens en 2010.

Marion Laine adapte au cinéma « Remonter l’Orenoque » en 2012 sous le titre « A cœur ouvert » avec J.Binoche et E. Ramirez.

En 2015, il publie « Boussole » qui obtient le Prix Goncourt 2015.
Le premier prix Liste Goncourt/Le Choix de l’Orient 2012 a été attribué à Mathias Enard pour son roman « Rue des voleurs » (Actes Sud).

Parmi mes préférés :

Remonter l’Orénoque

RESUME
Dans les corps qu’ils ouvrent, les patients qu’ils soignent, et jusque dans leur amitié, deux chirurgiens cherchent, comme à tâtons, une vérité qui justifierait leur propre existence. Youri opère sous les yeux de Joana, la jeune infirmière qu’Ignacio convoite ; au cœur d’un été caniculaire et d’un hôpital en pleine déliquescence, l’un se perd dans la passion comme l’autre dans l’alcool et la folie. Ils pousseront Joana à les fuir, à entreprendre un long voyage au Venezuela : remonter le grand fleuve Orénoque sera pour elle l’occasion de démêler, depuis le ventre tiède d’un cargo, l’écheveau de leurs vies. Au fil de ce voyage vers l’Amazonie, le deuxième roman de Mathias Enard nous emporte au centre d’un triangle amoureux dont les sommets seraient la naissance, le corps et le désir, tous trois si ténus qu’ils ne sont peut-être que des reflets sur les eaux boueuses d’une rivière mythique.

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L’alcool et la nostalgie

4 ème de  couverture  
Réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone de Jeanne, qui lui apprend le décès de Vladimir, Mathias part à Moscou pour escorter le corps de son ami jusqu’à son village natal, au-delà de Novossibirsk. Dans le Transsibérien, il s’adresse au faux frère couché dans sa boîte, évoque le trio fiévreux que tous deux ont formé avec Jeanne, et l’emprise des stupéfiants autant que le dépit amoureux qu’il a cru fuir en retournant seul à Paris. Au fil de quatre mille kilomètres de paysages ouatés, pâles bouleaux et neige immaculée, les souvenirs se pressent, bientôt relayés par les plus belles pages de Gogol, Tchekhov, Dostoïevski ou Axionov qui lui avaient fait rêver la Russie. Si l’amour ne peut plus rien quand l’alcool et la nostalgie se sont emparés d’un homme, restent la révolution, la mort, ou la littérature. C’est ce que Mathias Enard illustre magistralement dans ce roman sensuel, ardent et profondément mélancolique.

Mon avis : Dans ce beau texte bouleversant, Mathias Enard rejoint les voix de poètes et écrivains russes et celle de la prose du Transsibérien de Blaise Cendrars … road movie russe en 90 pages, un petit bijou !