Haruki Murakami

Haruki Murakami

Biographie

Né à Kyoto en 1949, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque, puis dirigé un club de jazz, avant d’enseigner dans diverses universités aux États-Unis. De retour au Japon, il écrit Écoute le chant du vent qui lui vaut le prix Gunzo, importante récompense japonaise. De nombreux succès suivront dont, Kafka sur le rivage, La Ballade de l’impossible, Saules aveugles, femme endormie et bien d’autres. Plusieurs fois favori pour le prix Nobel, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Literary Prize, le prix Kafka 2006 et le prix Jérusalem de la Liberté de l’individu dans la société en 2009. Livre phénomène au Japon, les deux premiers tomes de 1Q84 se sont vendus à plus de trois millions d’exemplaires.

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Un homme subit un cataclysme intérieur puis renaît à la vie. Une œuvre dense écrite après Fukushima.
 
Derrière le titre à rallonge de ce nouveau Murakami se cachent les habituelles marottes de l’écrivain, ces petits cailloux qu’il a semés de livre en livre, entraînant à sa suite une cour de lecteurs infatigables et confiants. Incolores, ses personnages l’ont toujours été. Loin de les rendre caméléons, leur transparence fait d’eux des puits de lumière naturelle, éblouissante, des phares dans la nuit de toute existence. Attachant un soin très méticuleux à ce qu’ils ingurgitent (ici, du café moulu par un petit appareil électrique), ultrasensibles aux compositions vestimentaires (au point que la citation obsessionnelle des marques semble parfois friser la publicité clandestine), solitaires et faussement désabusés, ils sont ancrés dans la vie concrète, et pourtant toujours ils lévitent. Tsukuru ne déroge pas à la règle. Mystérieusement exclu de son groupe d’amis lycéens (deux garçons, Bleu et Rouge, deux filles, Blanche et Noire) où il avait réussi à s’intégrer malgré l’absence de couleur dans son nom, Tsukuru noie son chagrin dans l’isolement le plus radical. Comme le héros de Chroniques de l’oiseau à ressort, qui disparaissait dans un puits, il s’enterre au fond d’une fosse, dans un paysage post-nucléaire hérissé de rochers, et il attend lPremier roman de Murakami écrit après Fukushima, ce livre raconte un cataclysme intime source de régénération, une paralysie suivie d’une renaissance, une sidération engendrant une soif de voir au plus profond des êtres. Réduit à néant par les amis qui étaient sa raison d’être, Tsukuru met seize ans à refaire surface, plus clairvoyant que jamais. Ce sont elles, les années de pèlerinage du titre, en même temps qu’un clin d’œil à Frantz Liszt, qui composa une œuvre pour piano du même nom. L’air limpide, joué par Lazar Berman, puis par Alfred Brendel, accompagne la quête de Tsukuru, comme souvent chez Murakami, mélomane sensible aux chromatismes et aux échos. Son roman est composé comme la partition de Liszt, ses phrases simples et pudiques rappellent le phrasé lent et dépouillé du piano joué à une seule main, les jeux de miroirs entre les personnages évoquent les motifs répétitifs et lancinants de la mélodie lisztienne.
 

2016

 Evénement ! Après trente-sept ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans, “Écoute le chant du vent”, lauréat du prestigieux prix Gunzo 1979, suivi de “Flipper, 1973“, tous deux jusqu’ici inédits en France. Enfin traduits et réunis en un seul volume, précédés d’une préface de Murakami qui en explique la genèse, ils composent les deux premiers tomes de la « trilogie du Rat », que clôt “La Course au mouton sauvage”.
 
Ecoute le chant du vent
 
 

 

Extrait de la préface :

 “J’écrivais toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu’au petit matin. C’est la raison pour laquelle je nomme ces deux romans « écrits sur la table de la cuisine ». Avec beaucoup d’amour et une certaine gêne…
Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Un peu comme de très vieux amis. Peut-être que je ne les rencontrerai plus, que je ne leur parlerai plus, mais il est certain que jamais je ne les oublierai. Ils sont précieux pour moi, irremplaçables. Ils m’encouragent, me réchauffent le cœur.”
 
Mon avis : je l’ai “avalé” en deux jours ! au départ, il faut suivre car les tableaux s’enchaînent semblant décousus ! mais c’est bien le style de Murakami qui  m’enchante et dans lequel je me fonds d’instinct. On rêve avec lui, on chante avec lui, on philosophe avec lui, on spleen avec lui, on découvre l’univers étrange des jumelles et des flippers. On suit avec curiosité le parcours du Rat … parfois même, certaines de ses pensées et de ses réflexes me semblent étrangement familiers. Le tout teinté de l’univers poétique propre à ses écrits ! Et lorsqu’enfin la dernière page du livre s’achève on regrette que cela soit déjà terminé ! évidemment à celles et ceux qui restent inconditionnels de l’univers de Murakami, je recommande chaudement ce dernier cru !
 

Dernières nouvelles et nouveautés  2017

Prix Nobel de littérature 2017: pourquoi Haruki Murakami est toujours favori mais jamais primé ?

Le Japonais fut encore cité comme l’un des principaux favoris au prix Nobel de littérature… pour la onzième fois consécutive cette année !

Haruki Murakami reçoit le prix Hans Christian Andersen

Le 07 novembre 2016 Haruki Murakami,  a reçu le 30 septembre 2016 le prix Hans Christian Andersen à Odense.

Voici son dernier recueil de nouvelles, des hommes sans femmestraduit et publié en France

D’après les commentaires de Babelio : https://www.babelio.com/livres/Murakami-Des-hommes-sans-femmes/916663

 « À ce que je sais, votre épouse était vraiment une femme merveilleuse […] vous devez vous sentir reconnaissant d’avoir vécu presque vingt ans auprès d’une femme comme elle. Je le crois profondément. Néanmoins, vous aurez beau penser que vous avez compris quelqu’un, que vous l’avez aimé, il n’en reste pas moins impossible de voir au plus profond de son cœur. Vous aurez pu vous y efforcer, mais vous n’aurez réussi qu’à vous faire du mal. Vous ne pouvez voir qu’au fond de votre propre cœur, et encore, seulement si vous le voulez vraiment, et si vous faites l’effort d’y parvenir. En fin de compte, notre seule prérogative est d’arriver à nous mettre d’accord avec nous-même, honnêtement, intelligemment. Si nous voulons vraiment voir l’autre, nous n’avons d’autre moyen que de plonger en nous-même. Telle est ma conviction. »

Neuf ans après Saules aveugles, femme endormie, le retour d’Haruki Murakami à la forme courte. Dans ce recueil comme un clin d’œil à Hemingway, des hommes cherchent des femmes qui les abandonnent ou qui sont sur le point de le faire. Musique, solitude, rêve et mélancolie, le maître au sommet de son art.

Mon avis : 
 
Sept hommes sans femmes. Sept nouvelles poignantes, pleines de musique, de mélancolie, de magie. Mais c’est aussi selon Murakami sept destins brisés. Que sommes-nous lorsque les femmes nous abandonne ? Que devenons nous ainsi livré à nous-mêmes ? Visiblement rien de bon. Des automates sans vie (Drive my car), des coquilles vides remplies de fantômes (le bar de Kino et Samsa amoureux), des adolescents attardés (Yesterday, Shéhérazade)…
 
J’ai beaucoup apprécié cette atmosphère fantastique à la Edgar Allan Poe, pleine de mélancolie et de romantisme. La force de ces nouvelles tient pour moi à cet aspect de l’écriture mais aussi à la force de ces silences omniprésents, si important dans la culture japonaise.