Poèmes

Poèmes

Avril

C’est le mois d’avril,
Le plus beau de toute l’année
De troublantes senteurs s’exhalent
La vie, la nature renaît
C’est avant tout l’amour
Celui qui se trouve partout autour de nous
Que nous ne captons pas toujours
Et que l’on nomme
Éternité
 
 

Pourquoi
 
Pourquoi, mais pourquoi est-ce si loin ?
Qu’est-ce qui a disparu ?
Comme une revenante hantant les ruines,
Je traque les lueurs des poèmes et les murmures,
Afin de me persuader,
Que j’ai pris part à cet univers.
Lorsque je retourne dans les auberges
De ma mémoire
Je perds mes mots,
Comme d’autres perdent leurs clefs…
Restent l’aube, l’étoile du matin.
Reste la vie.
Parfois, il faut peu de choses
Pour être heureux.
Un oiseau qui vole plus bas qu’à l’ordinaire
Et vient picorer à la fenêtre,
L’odeur du fumier dans la brume,
Quelque chose d’août dans l’air,
Et l’amour dans tout et dans rien

Douceur

Un peu de tendresse
cueillie goutte à goutte
dans un creux de douceur
et combien de joies à venir.
L’envol silencieux et lent
d’un instant de paix,
sans le moindre battement,
qui dérangerait 
le calme pénétrant,
et combien de joies en devenir.
Lorsqu’elle se devine, 
plus qu’elle ne se voit,
une ombre fraîche
attendant patiemment
sans un seul bruissement,
et combien de joies à venir


Amoureuse d’une idée fixe
 
Qu’est-ce qui me crée vivante?
Peut-être la détermination du vent,
quand il modèle la mer.
Peut-être, je ne sais pas, la terre
et le bruissement des abeilles
dans l’éternité des veilles.
Peut-être un cri, dans mon enfance,
et les douleurs du silence
quand je devais construire
l’impossibilité du dire,
Plus sûrement un espoir, au masculin,
son présent de rires, son visage et ses mains

Papillon
 
Jaune,
Tacheté de bleu.
Il me semblait pensif
Sur la paume de ma main.
Je lui ai parlé
Et sa réponse  fut
Plus grande que le silence.
Mes yeux distillaient
Un amour sauvage.
Le vent l’arracha
De ma main.
Vole, vole, vole !…
Lui criai-je !
Et le papillon descendit
Peu à peu
Jusqu’à embrasser la terre

Rivages des lèvres

Lèvres ouvertes,
rosée du matin,
sans lendemain,
que lune oublie,
aux mille pluies du vent,
s’enfuit l’instant.
Lèvres de soie,
que ciel envoie,
sur le mur gris,
de la vie.
Ourlant l’espace,
où passe
tendu
un rêve nu.
Lèvres rivages
passage
des berges d’eau,
de l’ego,
au gré des vagues,
divaguant sur l’océan.
Le temps s’enfuit …

Les collines du souvenir
 
Aux collines du souvenir
Vagabondait au vent mon âme
Les mots valsaient aux oriflammes
Des nuages sans rien ternir
Du bleu du ciel et sans bannir
Les mille fils de chaque trame
Aux chutes d’eau du souvenir
Vagabondait au vent mon âme
Je revoyais les grands menhirs
Et les rêves que l’on proclame
Cendres aux méandres de flammes
Les corps aimés semblaient s’unir
Aux collines du souvenir  

Aube lumineuse

Un matin prodigieux qui fit l’humanité
Le rossignol chanta pour fêter sa naissance.
Puis une fleur penchée comme une indifférence,
Regarda le cours d’eau qui se mit à couler.
Puis des milliards de matin depuis sont revenus.
Mais il est quelque part au fond d’une montagne,
Une jolie fleur penchée comme une insouciance,
Un cours d’eau qui s’enfuit des fentes d’un rocher,
Et des parfums si purs qu’ils vous font pleurer.
L’être humain se sent comme un somnambule,
Qui marche à la dérive du visible,
Suivant un chemin,
Vers ce lieu  incertain où le jour se fond dans la nuit.

Automne

Comme si elles avaient peur
que le vent ne les entende
les feuilles dans le sous-bois
se laissent aller
attentives à ne former
qu’une couche rousse
sous nos pas.

 Vous ai-je parlé de l’écureuil
du chien qui suit la trace
de quelques odeurs
ou du ruisseau qui s’agite
noyant dans son ombre
les derniers soleils.

 Vous ai-je parlé de ces bonheurs
qui se glissaient sous les feuilles
ou du regard de la biche
lorsque l’on approchait doucement
à moins que ce ne soit
le galop des chevaux
excités dans la descente
pour une dernière course vers le lac.

Nouée au ciel
une touffe d’arbres
et la lumière
descend tranquille
achever le long voyage
de l’être humain.


 
 
 
 
 
 
 
 

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